Du rôle de la société civile en education

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La rentrée des classes 2016 est marquée au niveau mondial par le programme Education 2030, le nouveau cadre d’action pour l’éducation. Ce cadre accorde à la société civile un rôle essentiel : »Les organisations de la société civile … doivent être engagées et impliquées à tous les stades, depuis la planification jusqu’au suivi et à l’évaluation, et leur participation doit être institutionnalisée et garantie »

Nous sommes en face d’un changement complet d’attitude des pouvoirs publics vis-à-vis de la société civile et cela concerne également les pays européens. Or curieusement rien de cela ne figure dans l’agenda de nos ministres de l’éducation.

Selon Education 2030, la première fonction de la société civile est la mobilisation et la sensibilisation des citoyens pour encourager leur participation. La prestation de service figure ensuite parmi les tâches dévolues à la société civile notamment en ce qui concerne des approches innovantes et complémentaires. Enfin, la fonction de surveillance qui comprend: passer au crible les dépenses, veiller à la transparence des politiques et réaliser des évaluations. Toutes ces actions nécessitent une concertation structurée entre les pouvoirs publics et la société civile.

Mais pour que la société civile puisse  jouer ce rôle – exigeant et demandant de solides compétences – certaines conditions sont nécessaires. En premier lieu il faut des mécanismes de renforcement des capacités de la société civile souvent pas assez formée pour remplir la fonction qu’on lui confie.

En deuxième lieu, il faut un cadre juridique clair protégeant la liberté d’association et la liberté d’expression, indispensables pour exercer la fonction critique de passer au crible les dépenses et de veiller à ce que la gouvernance et la budgétisation dans le domaine de l’éducation soient transparentes.

Une condition préalable à ces deux premières est l’établissement d’une relation de confiance entre les pouvoirs publics et les citoyens. Cette confiance manque de façon générale en Europe, car le système éducatif a été conçu souvent pour construire l’Etat-nation, indépendamment des citoyens. Le PNUD l’a montré clairement dans son rapport sur les libertés culturelles de 2004. Cette confiance requiert une vraie subsidiarité des pouvoirs publics. Avant d’entreprendre une initiative politique, le Livre blanc sur la gouvernance européenne demandait de vérifier systématiquement: a) qu’une intervention des pouvoirs publics est réellement nécessaire; b) que l’action des pouvoirs publics est la plus adéquate

En Europe le débat sur l’école tel qu’on le perçoit dans l’opinion publique se focalise sur la radicalisation et la laïcité avec des accents plutôt répressifs, ce qui est exactement le contraire de la confiance, de la concertation et de la transparence.

(article paru dans la Tribune de Genève, le 31 août 2016)

Alfred Fernandez

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